Patria… Quand la lumière se fait…

Voici un texte extrêmement fort et magnifique sur la présence de l’ETA au pays basque espagnol.
Une lutte très dure, des centaines et des centaines de mort pour une cause qui a pu nous sembler lointaine, voire incompréhensible.
Fernando Aramburu fait ici toute la lumière de cette Histoire à travers deux familles, qui se sont toujours aimées, qui ont grandies ensemble. Et qui un jour, s’éloignent pour des valeurs qu’elles partagent, ou pas; en tout cas, pour une cause qui les oblige à cet écartèlement.
C’est magistral! C’est à lire et relire. C’est à partager, sans cesse.

« Lâchée à l’entrée du cimetière par le bus de la ligne 9, Bittori remonte la travée centrale, haletant sous un épais manteau noir, bien trop chaud pour la saison. Afficher des couleurs serait manquer de respect envers les morts. Parvenue devant la pierre tombale, la voilà prête à annoncer au Txato, son mari défunt, les deux grandes nouvelles du jour : les nationalistes de l’ETA ont décidé de ne plus tuer, et elle de rentrer au village, près de San Sebastián, où a vécu sa famille et où son époux a été assassiné pour avoir tardé à acquitter l’impôt révolutionnaire.
Ce même village où habite toujours Miren, l’âme soeur d’autrefois, de l’époque où le fils aîné de celle-ci, activiste incarcéré, n’avait pas encore de sang sur les mains – y compris, peut-être, le sang du Txato. Or le retour de la vieille femme va ébranler l’équilibre de la bourgade, mise en coupe réglée par l’organisation terroriste. Des années de plomb du post-franquisme jusqu’à la fin de la lutte armée, Patria s’attache au quotidien de deux familles séparées par le conflit fratricide, pour examiner une criminalité à hauteur d’homme, tendre un implacable miroir à ceux qui la pratiquent et à ceux qui la subissent.
L’ETA vient de déposer les armes mais pour tous une nouvelle guerre commence : celle du pardon et de l’oubli. »

 

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