Actes Sud nous enchante…

Actes Sud est connu et reconnu pour sa qualité littéraire et éditoriale. Et aujourd’hui encore, elle confirme sa position avec deux romans magnifiques, à ne surtout pas louper!!

Tout d’abord, Baba Ségi, ses épouses, leurs secrets. Ce texte de Lola Shoneyin, auteur nigériane, nous ravie de part son humour, sa finesse, sa culture.

En l’espèce, Baba Ségi, homme de réussite, ramène chez lui une quatrième épouse. Jusque là, tout va bien… Problème : non seulement, les trois autres n’en veulent pas, mais en plus cette jeune promise est lettrée! Les trois vont alors s’allier pour chasser cette dernière trop belle et trop intelligente à leur goût.

Avec beaucoup de tendresse et d’humour, l’auteur nous dépeins le Nigeria d’aujourd’hui, sa modernité et ses difficultés à y succomber. L’écriture, fluide et ensorcelante, nous entraine dans les rues et bâtiments de la ville, au cœur de cette maison trop riche d’amour!

 

Dans le second, savoir : Fille de joie de Kiyoko Murata, l’éditeur joue la surprise. En effet, en grande lectrice de romans japonais, je m’attendais à un style onirique, à des effets pervers de l’imagination, à un parlé franc et concis. Mais ici, que né-ni. Le texte ressemble à notre écriture occidentale et ôte tout effet de folie. Pas de pluie de sardines, pas de course au cochon, pas d’envolée lyrique. Juste des faits, des mots, des explications, le tout dans un effet sublimant. Et alors que l’on essuie une certaine déception face à ce changement non attendu, nous nous retrouvons malgré tout emporté dans la vie d’Ichi, cherchant avec elle comment s’en sortir, comment comprendre ses parents qui par manque d’argent, ont décidé de vendre 2 fois leur fille à la prostitution… C’est un Japon du début du XXe siècle qui nous ouvre ses portes et c’est avec plaisir que l’on y plonge!

Alors n’hésitez pas, sautez dans l’univers merveilleux des mots d’Actes Sud, vous n’en sortirez que plus grand et plus beau!

Baba Ségi, ses épouses, leurs secrets de Lola Shoneyin
Editions Actes Sud

Fille de Joie de Kiyoko Murata Editions Actes Sud

 

Malgré les études qu’elle a menées brillamment et qui pourraient lui assurer un avenir différent, Bolanle devient la quatrième femme de Baba Segi, de vingt ans son aîné. Elle n’est pas la bienvenue auprès des autres épouses qui cumulent sept enfants : elle est la nouvelle, la plus jeune, et pire que tout elle est instruite. Bolanle comprend vite que, pour se faire accepter, elle va devoir devenir mère. Mais les mois passent sans qu’elle tombe enceinte, et sa stérilité supposée menace l’équilibre de la maisonnée…
C’est avec hardiesse et humour que Baba Segi, ses épouses, leurs secrets s’empare d’un sujet de société en n’éludant aucun de ses aspects psychologiques, économiques, sexuels. Quand le vaudeville polygame tourne au drame pour dénoncer l’hypocrisie du Nigeria contemporain, qui exalte la maternité et dénie toute autonomie à la femme, Lola Shoneyin s’impose avec talent comme l’une des voix les plus engagées de la jeune garde nigériane.

L’histoire que voici se déroule au Japon à l’orée du xxe siècle. À quinze ans, Ichi est vendue au tenancier d’une maison close par ses parents – seule possibilité de survie pour cette famille de pêcheurs. Pas vraiment belle, sauvageonne, l’adolescente parle une langue insulaire proche du chant des oiseaux, mais elle est néanmoins placée dès son arrivée sous la tutelle de la courtisane la plus recherchée du quartier réservé. Devenue l’une de ses suivantes, Ichi reçoit de la part de cette dame des leçons d’élégance, de savoir-vivre, elle est initiée aux rites de la séduction, à ceux de la soumission. Et malgré la violence de leur condition, il se trouve néanmoins en ces lieux une chance inestimable pour les prostituées, une possibilité d’échappées qu’Ichi va saisir : la loi oblige les tenanciers de maison close à envoyer leurs filles de joie à l’école.
Assidue, Ichi apprend à lire, à compter, à écrire, elle peut ainsi consigner sa nostalgie, décrire ses peurs quotidiennes. Avec le temps et soutenue par une institutrice, elle prend conscience du pouvoir que lui procure le savoir et, comme d’autres autour d’elle, décide de se rebeller.
Un livre marquant, basé sur l’histoire des prostituées japonaises de l’ère Meiji. Un roman émouvant, porté par le personnage d’une adolescente habitée par les coutumes d’une île du Sud de l’archipel et qui va, contre toute attente, découvrir en ces lieux de tourmente l’existence du choix, celle de l’opposition. Car bien au-delà du contexte c’est de la condition féminine que nous entretient ici, comme dans toute son oeuvre, Kiyoko Murata.

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